« Le jeu des Rockets est chiant », « C’est que de l’iso », « C’est moche à regarder »…Combien de fois avons-nous entendu cela ? Certainement un milliard de fois. Et pourtant, derrière ce jeu stéréotypé, très souvent sans mouvement, se cache un véritable art avec différentes facettes très intéressantes à observer. C’est d’ailleurs l’objectif de ce papier, de vous montrer de plus près à quoi ressemble le système des Fusées. Après avoir reçu une multitude de critiques, la franchise décide d’aller encore plus loin dans sa stratégie du petit ballon, plus communément appelée « small ball » outre-Atlantique. Le jusqu’au boutisme de Mike D’Antoni et l’analyse ultra poussée des chiffres/statistiques de Daryl Morey se sont confirmés, plus que jamais, depuis la trade deadline.

Résumé des derniers moves de l’équipes :

Départs : Clint Capela, Nene, Gerald Green (Isaiah Hartenstein en G-League)

Arrivées : Robert Covington, Jeff Green (et probablement DeMarre Carroll)

Houston confirme donc son intention de jouer « petit » jusqu’au bout du bout de la saison. Après avoir aligné le plus petit cinq majeur depuis 1963, Daryl Morey reste fidèle à sa politique : on relâche 3 pivots donc le center titulaire pour récupérer en échange des forwards polyvalents.

Alors, première question que vous vous posez : Pourquoi ce small ball ?

Plusieurs raisons ont poussé les dirigeants Texans à foncer sur cette stratégie qui parait totalement dingue. La première reste Russell Westbrook. J’ai envie de vous dire si une équipe NBA doit jouer small ball, c’est bien celle où Russell Westbrook évolue au poste de meneur. Inutile de vous rappeler ce que ce grand fou apporte niveau physique, rebond, box out, hauteur…C’est tout simplement le meneur apportant le plus de densité physique et mettant le plus d’intensité dans ce qu’il fait, dans toute la ligue. De plus, l’aile a longtemps été le point faible de cette équipe, du moins depuis le départ de Trevor Ariza. Souvent des joueurs en CDD au poste 3 à H-Town : James Ennis, Eric Gordon, Ben McLemore, Danuel House…Un réel manque de stabilité à ce poste pourtant crucial, surtout pour une équipe ayant de gros besoins défensifs sur demi terrain. Daryl Morey l’a d’ailleurs mentionné plusieurs fois, Robert Covington – ex Wolves – figurait depuis très longtemps sur le tableau de chasse des Rockets. Pur 3&D niveau élite, la franchise reste persuadée que RoCo peut apporter une autre dimension au système MDA, des deux côtés du terrain. Enfin, Clint Capela réalisait une bonne saison aux Rockets (14-14-2 de moyenne) mais son inutilité à distance « pénalisait » ses copains. Lorsque les autres équipes décidaient de trapper James Harden, Houston avait souvent du mal à faire la différence avec Clint Capela – qui ne shoote pas du tout à distance – et même Russell Westbrook – plutôt limité derrière l’arc – ce qui rendait la tâche compliquée pour des Texans qui possèdent comme arme numéro 1 : le tir à trois-points. De plus, l’analyste fou qu’est Daryl Morey a dû très certainement tomber sur cette statistique : bilan de 10-1 quand Clint Capela est absent. Voilà brièvement les raisons qui ont pu pousser les Rockets à lâcher leur pivot titulaire et à adopter officiellement le small ball.

On va tranquillement rentrer dans le vif du sujet, avec comme première analyse poussée : l’attaque des Houston Rockets, version mini ball.

Houston a très souvent utilisé le small ball ces dernières années, mais à plein temps et avec des gars encore plus petits : c’est bien la première fois. Et c’est très certainement inédit dans l’histoire de la ligue. Pour commencer, Mike D’Antoni a indiqué qu’avec ce small ball, Russell Westbrook allait pouvoir se régaler dans la peinture. Depuis l’instauration de ce petit cinq majeur, c’est clairement le Rocket qui fait le plus de dégâts. Sur ces 10 derniers matchs, il a tout simplement inscrit 234 points dans la raquette : la plus grosse série depuis Shaq. Cet homme est un meneur, je le répète pour être bien sûr. D’ailleurs, sa sélection de tirs a pas mal évolué depuis le mini ball :

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A 31 ans, après 11 ans à OKC, Russell Westbrook joue très certainement à l’un de ses tous meilleurs niveaux en carrière. Il n’a jamais eu autant de spacing, il n’a jamais eu autant de bons shooteurs autour de lui, il a le meilleur pourcentage aux tirs de toute sa carrière dont un terrifiant 51% à deux-points, son usage rate actuel est supérieur à la moyenne de l’usage rate de sa carrière…Bref, tout est réuni pour que le Marsupilami fasse des ravages.

Alors, comment est-il utilisé dans le système des Rockets ?

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La plupart du temps, Mike D’Antoni va décider de jouer sur le point fort de son numéro 0 : la pénétration. Peu importe le match-up, Russ peut demander une isolation quand il le souhaite, les shooteurs autour s’écartent et vont se placer tranquillement à leur place. Les positionnements sont relativement les mêmes : corners pour certains et à 45 degrés pour les autres. Westbrook peut ainsi attaquer son vis-à-vis, utiliser sa vitesse puis sa force pour conclure au cercle. Un des meilleurs pour ça, et cela se voit dans sa production qui ne cesse d’augmenter. A titre d’illustration, avant le 1er janvier, Westbrook drivait 18.4 fois par match en moyenne tandis que sur les 15 dernières rencontres il en est à 24.4 fois : il réussit près de 61% de ses shoots et attire suffisamment de fautes pour scorer 70.8% de ses tirs sous le cercle. Cheat code un peu là, non ?

Ci-dessus, une autre alternative à l’iso de Russ. Pour éviter que l’aide n’intervienne et gêne Westbrook, le joueur positionné dans le corner vient poser son écran à l’autre Rocket placé plus haut. Ainsi, cela créer de l’incertitude, et ce dernier peut bénéficier d’un shoot ouvert. Russ n’a plus qu’à lever les yeux. La défense est bien trop focalisée sur le porteur de balle, le moindre screen off-ball fait souvent ravage, au shooteur de rentrer l’offrande ensuite.

D’ailleurs, l’équipe bénéficie de cette belle entente entre RoCo et Russ puisque ces derniers permettent à Houston d’obtenir 23 tirs à trois-points ouverts (1er de la ligue) en moyenne quand ils jouent tous les deux, pour une réussite de 34% (23ème).

Quand ce n’est pas dans le corner, cela peut être dans l’axe avec Russ et Harden qui focalisent bien comme il faut la défense : l’écran est effectué, le shooteur n’a plus qu’à sanctionner de loin.

Russ est tellement efficace dans la peinture avec tout cet espace, qu’il peut également créer des shoots ouverts pour les autres : comme ci-dessous, où il ne suffit qu’un seul pick du barbu pour créer un shoot ouvert. En même temps, vous me direz que c’est infernal de devoir gérer Westbrook à l’intérieur et Harden à trois-points, pendant que les shooteurs espacent un maximum le jeu. Encore quand l’équipe en face défend avec un pivot qui ne souhaite pas sortir hors de la peinture.

Le joueur ouvert (Harden ci-dessous) aura deux options au choix : shooter ou faire circuler la balle. Le jeu mini ball orchestré par le backcourt des Rockets est davantage plaisant à regarder pour cette raison : un décalage est crée quasi systématiquement, la gonfle peut ainsi circuler.

Prenons le cas de James Harden dans cette offense « new look ». Disons que les trois-quarts du temps, les défenses viennent le trapper pour éviter de se retrouver face à un monstre de l’isolation bénéficiant d’un spacing XXL, d’une raquette libre d’accès et de ses shooteurs autour. Les prises semblent logiques, cela oblige Houston à s’adapter comme nous allons le voir par la suite.

Les prises à deux se font généralement assez hautes sur le terrain, Harden n’a plus qu’à trouver le côté fort où il a le plus de coéquipier et lâcher la balle, chose qu’il fait très bien depuis quelques semaines. Derrière ça, on peut s’apercevoir ci-dessous que le Rocket, placé le plus proche du cercle, vient préparer son écran off-ball. Déjà que la défense ici est inférioritée numérique, ce screen vient alors désorganiser l’équipe adverse et créer un tir d’entrainement pour le joueur dans le corner. PJ Tucker à cet endroit-là, vous connaissez la musique.

Le départ de Clint Capela ne signifie pas que James Harden ne bénéficiera plus de screen, souvent Houston balance ses forwards : Tucker, House, Covington aller poser un écran pour James Harden. En face, le pivot défendant sur Russ est souvent embêté pour venir aider dans la raquette. Un dilemme se pose pour nos adversaires : soit switcher mais derrière l’iso avec Harden c’est ficelle, soit prendre à deux mais notre pivot n’est plus là. Ce micro ball gêne terriblement les équipes avec des big mens dominants, le jeu de Mike D’Antoni les oblige à sortir de leur zone de confort, comme ci-dessous.

Ecran de Danuel House, la défense du Jazz refuse de switcher, et Rudy Gobert ne sait pas quoi faire. Après hésitation, ce dernier décide de venir en aide pour bloquer House.

La défense n’a pas le temps de communiquer, l’incompréhension et la question « sur qui défendre » émerge dans la tête des défenseurs. Ici, le décalage est fait et la circulation de balle est effectuée, résultat : deux tirs ouverts.

A noter, depuis le départ de Clint Capela, quand Russell Westbrook et James Harden sont au même moment sur le terrain : offensive rating de 121 (sur 140 minutes), defensive rating de 108, net rating de +13. Pas mal du tout.

Leur entente semble meilleure sur le terrain depuis le mini ball, les deux se passent davantage la balle, il n’est pas rare de les voir poser un screen pour l’autre comme le montre la première vidéo ci-dessous. La seconde nous permet d’observer un cas très fréquent où James Harden est trappé par la défense, Russ est le premier à réceptionner la balle, puis ses capacités de fixation et de passeur font le reste. Comment créer un tir ouvert en moins de 3 secondes ? Demandez à Mike D’Antoni:

Que donne Houston en contre-attaque ? L’apport de Russell Westbrook dans ce domaine-là est indéniable, en seulement quelques mois les Rockets sont passés d’une des équipes les plus lentes de la ligue à Top 5 cette saison. Le système est simple quand la contre-attaque est enclenchée : on donne la balle à Russ/Harden et les autres courent vers le corner ou converge vers le cercle pour l’alley oop.

La rapidité de Brodie ne permet que très peu souvent à la défense de se replacer, l’effort de Covington ci-dessus – de se diriger vers le corner – favorise l’incompréhension chez les adversaires et ouvre encore plus l’accès au cercle. Les qualités de Russ font le reste.

Autre séquence, encore une fois en transition. La défense se replace plutôt bien, le pivot est déjà placé dans la raquette tandis que PJ Tucker rôde derrière l’arc. Après un cut de ce dernier vers le cercle, il pose un semblant d’écran pour libérer le shooteur des Rockets.

Offensivement, on connaît le niveau de cette équipe, small ball ou pas small ball. Il se pourrait bien qu’en jouant « petit », une multitude d’opportunité s’offre à nous. Le souci de la répartition n’est pas d’actualité, les ball handlers se partagent bien la balle. Nous sommes en train de vivre quelque chose d’historique puisque depuis cette ère où les trois-points dominent, Russell Westbrook (34.2 USG%) et James Harden (36.4 USG%) pourraient bel et bien devenir le premier duo à avoir un usage rate supérieur à 34% chacun. Enfin, les Rockets sont connus pour arroser à trois-points, ce mini ball ne devrait pas les arrêter d’ici tôt. Cette équipe fait partie de celles qui font évoluer la ligue avec cette prédominance du tirs derrière l’arc. Avant la saison 2012-13, aucune équipe dans l’histoire n’avait tenté plus de 2,300 tirs à trois-points à la fin de la saison. Les Rockets d’aujourd’hui sont déjà à 2,369 tentatives derrière l’arc, et nous ne sommes qu’au All-Star Break. Cette équipe vivre ou mourra avec cette philosophie, pour le moment elle shoote à 35% depuis cette zone.

Passons à présent à la défense des Rockets, certainement le domaine qui les fera passer de contender à favori pour le titre.

On connaît le potentiel défensif de cette équipe, on l’a vu sur la dizaine de matchs sans « réel » pivot, il ne suffira que de mettre de l’intensité et communiquer en défense. Houston dispose d’un seul patron dans ce secteur-là, il s’agit de Monsieur PJ Tucker : leader vocal, intensité surhumaine, une défense sponsorisée par bulldog.com. Déjà entouré de gars comme Danuel House, Austin Rivers, Eric Gordon ou même Thabo Sefolosha, il a vu récemment plusieurs copains arriver pouvant faire passer un cap à cette défense texane, rien d’autre que Robert Covington et DeMarre Carroll. Défensivement, on a vu des choses plus qu’intéressantes, je dirais même source d’espoir pour l’avenir. On connaît le potentiel de cette équipe, maintenant faut le reproduire sur une plus longue durée. N’empêche que, nous prenons autant de plaisir à suivre le duo offensif Westbrook/Harden que le duo de monstres défensifs que sont Tucker et Covington. Lorsque ces deux derniers sont sur le terrain ensemble, c’est l’enfer sur Terre pour les attaques : leur adversaire ne sont qu’à 19 points par 100 possessions…Leur impact est impressionnant puisque même sans pivot, la défense des Rockets a un defensive rating de 101.5 quand les deux sont sur le parquet.

Positionnés respectivement en PF et C, RoCo et PJ sont souvent les défenseurs présents dans la raquette. Leur activité, la densité physique de Tucker et les longs bras de Covington…Tout ça fait que Houston tient la baraque défensivement, mais ce jusqu’à quand ? Ce sera ça le gros défi de cette équipe, tenir dans la durée en faisant plus d’efforts que son adversaire. Y compris pour capter les rebonds, même si pour le moment ça tient, nous ne sommes pas à l’abri de sombrer sur certains matchs à cause de ce déficit de taille. Pour le moment, les Texans misent sur une grosse défense extérieure ayant la capacité de switcher sur n’importe quelle défense. Ils doivent désormais être une des seules équipes possédant cette polyvalence pour switcher sur tout : Tucker, Covington, House et Gordon qui se relaient la défense sur le porteur de balle, y’a pire quand même.

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, les Rockets restent disposer à changer de cible et n’auront quasiment aucun déplacement à effectuer. Le switch se fait peu importe le porteur de balle. Après plusieurs analyses, on peut se rendre compte qu’ils essaient tout de même de ne pas switcher lorsqu’il s’agit d’un pivot en face.

A titre d’illustration, la nouvelle « raquette » des Rockets a montré des signes encourageants pour ce qui est du rebond : quand Covington et Tucker sont sur le parquet, sur 204 possessions adverses, Houston récupère près de 79% des tirs manqués. Ce qui l’insère dans le top 10 de la ligue depuis 8 matchs. Une très bonne chose, mais à voir si cela va durer dans le temps. Les efforts devront être effectués.

De plus, Mike D’Antoni a assuré plusieurs fois que leur objectif était de forcer le plus de pertes de balle possible. Alors, pourquoi ? Premièrement, au vue des qualités de contre-attaque de Westbrook & co, c’est plutôt intelligent. Deuxièmement, c’est de tout simplement limiter les shoots adverses et donc les rebonds parmi les manqués. C’est simple, depuis la trade deadline, les Rockets sont premiers – et de loin – en terme de turnovers forcés. L’apport de Robert Covington ou même de Danuel House (épanoui dans son nouveau rôle) n’y est pas pour rien.

Mais alors, qu’en pense la planète basket de ce mini ball ?

La Rockets Nation France a le plaisir de vous offrir 3 interviews exclusives puisqu’elles ont été réalisées par nos soins : Guillaume de Basket Infos, Bastien de TrashTalk et…Daryl Morey des…bah le Général Manager des Rockets en personne !

-> Guillaume de chez Basket Infos (@GuillaumeBInfos):

 » Très bonne première impression, la cohésion globale et même le niveau d’intensité semble déjà être de très bon calibre, y comprit de la part des stars (Harden, Westbrook) qui sont plus impliqués en défense. Le fit avec Covington semble déjà parfait, il est déjà à l’aise en défense pour apporter des aides et s’inscrire dans les schémas défensifs, et en attaque se contente sobrement de son rôle de finisseur qui profite des prises à deux sur les stars.

L’avantage premier de ce micro-ball reste le fait de maximiser la rentabilité des deux côté du terrain : – en attaque, le spacing est toujours idéal et le jeu ultra aéré. Si la défense aide un peu trop sur Harden/Westbrook = passe pour un 3pts ouvert. Si la defense reste en 1vs1 = tir sur ISO au cercle, à 3pts, ou LF. En théorie Houston peut se contenter de ne prendre que des tirs ultra rentable (3pts, au panier, ou LF) – en défense, le Switch-All va permettre de ne concéder aucun décalage sur les écrans (en théorie) et donc de forcer l’adversaire sur des 1vs1 faute de pouvoir créer autre chose. Sauf que très peu de joueurs NBA sont plus forts que Harden ou Westbrook sur les 1vs1, donc si le match devient de chaque côté « qui gagnera le plus de 1vs1 ? » il y a de forte chance que Houston en convertisse plus que l’adversaire.

Deux limites principales à ce système : – l’exécution des schémas et plus particulièrement des Switchs doit être quasi-parfaite, la marge d’erreur est très faible : si le défenseur ne passe pas au bon moment, ou avec le bon angle, ou de la bonne manière, toute la défense devient alors vulnérable. Or, tout switcher est très énergivore : Houston sera-t-il capable de rester impeccable sur la totalité d’un match, d’une série, ou d’une campagne de playoffs ? – la taille à l’intérieur : à quel point les adversaires peuvent ils punir Houston dans la raquette et/ou au poste bas ? Peu de joueurs sont capables d’être assez efficaces dans ce domaine pour que le micro-ball ne soit pas rentable pour Houston…mais ce sont ces mêmes joueurs qui seront aussi en playoffs : Nikola Jokic, Anthony Davis, voire Giannis Antetokoumnpo. Faut il les laisser en 1vs1 donc en mismatch permanent ou faire des prises à deux et donc prendre le risque qu’ils punissent par la passe ?

Il y a peu de choses que Houston puisse faire pour encore s’améliorer : échanger Capela contre un 3&D comme Covington était déjà la dernière étape du jusqu’au-boutissme absolu du modèle Morey-ball. Il serait peut être pertinent de prendre une « assurance » avec un Big Men sur le marché des buy-ouy (au cas où, même si c’est un simple patch défensif utilisé 10-15min par match sur Jokic par exemple) ou même un ailier 3&D supplémentaire si une occasion se présente, il n’y a jamais assez de joueurs de ce profil là dans une équipe. »

-> Bastien de chez TrashTalk ( @TrashTalk_fr ):

 » Honnêtement comme dit dans l’apéro je trouve ça super intéressant et excitant. Houston décide d’aller à fond dans son modèle et j’aime le culot. On disait avant que gagner un titre avec des shooteurs était inconcevable, Golden State a pris un pari à contre courant en misant sur ses stars et on a vu le résultat derrière. Est-ce que y’aura le même succès ? Je pense pas, évidemment. Mais l’histoire réussit aux plus culottés, et je trouve qu’avoir tout misé all-in sur une idée précise du jeu c’est couillu. Tant pis pour Capela, tant pis pour les futures critiques, y’a pas de juste milieu : ce sera soit un énorme succès rempli de louanges, soit un échec avec une avalanche de critiques. Faut y croire !

Houston représentera un danger évident en attaque. Défensivement ce sera tendu mais il faut faire un choix. L’avantage c’est que tu joues à un sport où faut mettre le plus de points possibles lol, et comme Dallas le montre par exemple cette saison, quand ça marche et tout le monde connaît son rôle beh t’as beau en prendre 110 dans la tronche si t’en mets 120 tu gagnes. Je crois que les Rockets sont plus dangereux qu’avant car encore plus difficiles à gérer en attaque, le danger peut venir de multiples endroits.

Des désavantages ou limites y’en a un paquet, c’est en premier que tu vis et tu meurs par ta réussite au tir. Il y aura à nouveau des soirées comme celle du Game 7 contre Golden State en 2018, avec une montagne de shoots loupés. Il y a donc un réel risque que cela ne rentre pas plusieurs soirs de suite et à ce moment-là, difficile de s’improviser cadenas défensif pour remporter le match. L’autre limite c’est que t’as Mike D’Antoni comme coach, donc niveau ajustements… c’est tendu. Lui croit dur comme fer en sa méthode, donc comme sa franchise il triomphera ou décédera avec. C’est ce côté tout noir ou tout blanc qui peut poser problème. Comment faire si tu défends pas bien dans ta raquette et tes shoots ne rentrent pas ? Ce problème peut avoir lieu plusieurs fois et sur une série tu peux vite te retrouver dans la gadoue…

Je crois beaucoup en cette équipe en Playoffs malgré les antécédents des Rockets en mai. Il faut réessayer et réessayer et réessayer encore pour parfois trouver le succès. Je pense qu’il y a trop de menaces offensives pour que cela craque au premier tour, c’est inconcevable. Maintenant en demi ou en finale de conférence contre des équipes avec autant de talent offensif (genre à Los Angeles), attention. L’arrivée de RoCo fait du bien, ceci étant dit il ne faut pas non plus en faire un Iguodala. Il ne va pas révolutionner la franchise, être le chaînon manquant. Il représente un bout du chaînon manquant, mais je ne me répéterai jamais assez : tant qu’il y a autant de dépendance envers Harden, même avec l’incroyable saison offerte par Westbrook, tant que D’Antoni reste aussi borné et ne nous prouve pas un minimum d’ajustements en Playoffs, je resterai sur la réserve. Exemple tout con : je peux voir les Rockets en finales NBA en triomphant de l’Ouest, ce n’est pas pour autant que je les verrai battre avec certitude des équipes comme Philadelphie ou Milwaukee, qui ont l’effectif et la polyvalence des équipes « typiques » championnes. »

-> Et enfin Daryl fuckin Morey de chez les Houston Rockets ( @dmorey ) :

 » Nous sommes toujours à la recherche de ce qui peut nous donner les meilleures chances de remporter un titre. Nous allons utiliser cette approche (le mini ball) aussi longtemps qu’elle nous donnera ces chances d’aller jusqu’au bout. Si notre effectif ou le jeu évolue et que nous pensons que jouer avec un gars de plus de 2 mètres 10 nous maximisent nos chances, on le fera (et arrêtera donc ce small ball). Nous choisissons la meilleure stratégie possible pour le championnat sans nous préoccuper d’une philosophie préconçue. »

Voilà, c’est déjà la fin de ce dossier. On espère que vous avez pu voir ce jeu d’un autre œil, fan des Rockets ou non, et qu’on a pu vous montrer les différentes facettes du mini ball made by Mike D’Antoni. A l’heure d’aujourd’hui, ces Fusées « new look » sont à 6 victoires en 8 matchs, oui oui donc c’est bien possible de gagner dans cette ligue sans aucun pivot. De plus, les Rockets sont avec Portland les deux franchises de l’Ouest ayant le moins jouées face à celles de l’Est. De quoi leur permettre de prendre confiance et trouver un rythme face à des équipes supposées être « plus faibles » qu’à l’Ouest. Quoiqu’il se passe, Houston finira sa saison sans réel pivot, Daryl Morey et Mike D’Antoni vivront ou mourront les armes à la main. Leur philosophie est révolutionnaire, profitons les amis, c’est certainement la première fois qu’on voit une équipe disposée comme celle-ci. En dernière année de contrat, Mike D’Antoni tente le tout pour tout, ce mini ball semble renforcer un peu plus le backcourt de Houston…On aura un début de réponse lors des prochaines semaines, mais c’est véritablement en avril qu’on verra si les choix ont été payants. On y croit en tout cas, vive les petits !